ECA 2019: La parole aux responsables JA+FDSEA du Morbihan

Frank GUEHENNEC, Président de la FDSEA du Morbihan prend la parole

On nous questionne souvent sur l’approche que notre réseau a sur l’agriculture biologique. On nous accuse même parfois de ne pas nous préoccuper des agricultrices et agriculteurs qui ont fait le choix de l’agriculture biologique! Je tiens donc par mes propos, à réaffirmer que l’agriculture biologique n’est pas “traitée à part” par notre réseau.

Pour nous, la priorité est d’avoir une agriculture dynamique, qui réponde aux marchés et qui permette aux agricultrices et agriculteurs d’avoir des revenus à la hauteur des efforts qu’ils fournissent. Ces efforts consistent depuis toujours à fournir des produits sains et sûrs aux consommateurs. L’excellent niveau de qualité des produits des agricultrices et agriculteurs bretons, qu’ils soient conventionnels, labellisés ou convertis en agriculture biologique, doit être valorisé.

En 2018, des plans de filières ont été définis et ont fixé des objectifs de production dans les différents segments de marché des différentes productions. Tous les acteurs des filières et tous les syndicats ont participé à leur rédaction. Les chambres d’agriculture participeront au déploiement de ces plans de filières sur les différents territoires, en adéquation avec les marchés. Comme toute segmentation, le développement de l’agriculture biologique doit correspondre aux besoins du marché. C’est indispensable pour conserver la valeur ajoutée et des prix rémunérateurs pour tous les producteurs.

L’accompagnement des producteurs biologiques et de ceux souhaitant se lancer dans l’agriculture biologique fait donc partie des missions que les chambres d’agriculture de Bretagne mènent et doivent continuer à mener, tout comme l’accompagnement des autres formes de production. Le choix d’un type d’agriculture est et doit rester la décision du chef d’exploitation. Il doit trouver à la chambre d’agriculture les conseils, les formations et les services nécessaires pour faciliter ses prises de décisions économiques, agronomiques et juridiques. Notre objectif majeur est le bien-être des exploitants dans leurs fermes sans prosélytisme pour un mode de production plus qu’un autre.

Notre ambition, dans notre action quotidienne, mais aussi affirmée dans notre projet pour les élections à la chambre d’agriculture, n’est pas d’inciter, de promouvoir ou même d’encourager un mode de production plus qu’un autre mais bien d’accompagner les porteurs de projets viables dans leur choix quel que soit leur projet.

Le projet que les listes JA+FDSEA portent est donc d’avoir des agriculteurs nombreux, responsables, épanouis dans leur activité qui doit leur permettre de vivre dignement, et fiers de leur mission nourricière.

Pour notre réseau, il n’y a donc pas une, mais des agricultures, de même qu’il n’y a pas une agriculture biologique, mais des agricultures biologiques. Cette diversité est une force pour notre territoire et une chance pour les consommateurs. Il faut donc maintenir cette diversité et répondre à tous les marchés, conventionnels, labels, locaux, nationaux et internationaux. La qualité de nos agricultures mérite d’être défendue auprès des consommateurs, des pouvoirs publics et sur la scène internationale. C’est ce que nous faisons, et entendons continuer à faire, notamment, par le biais de la défense du « manger français ». Cette démarche a déjà abouti à des résultats concrets comme la démarche Breizh Alim qui promeut l’utilisation des produits locaux et français dans la restauration collective. C’est un combat que nous menons de manière complémentaire à celui de la revalorisation des prix et de la limitation des charges et des normes. Aussi, dans tous les segments de production, nous agissons pour maintenir l’excellence des produits agricoles bretons tout en limitant les distorsions de concurrence avec les pays concurrents qu’ils soient européens ou pays tiers.

Face à l’engouement des consommateurs pour les aliments issus de l’agriculture biologique, il est nécessaire d’accompagner les agriculteurs qui choisissent cette voie, grâce à :

  • la recherche, le conseil et le suivi technico-économique ;
  • la structuration de la filière, l’organisation des producteurs bretons, afin de ne pas perdre de valeur ou de parts de marché au profit de nos principaux concurrents ;
  • une adaptation constante aux évolutions de marché pour conserver une rentabilité à l’activité.

Des orientations claires ont déjà été prises dans ce sens par le dirigeants actuels de la chambre d’agriculture, avec un redéploiement important des personnels dédiés à l’appui aux agriculteurs en conversion et converti, mais aussi à l’accompagnement des collectivités sur la question de l’approvisionnement en produits issu de l’agriculture biologique en privilégiant notamment les circuits courts.

Ensemble avançons les pieds sur terre et soyons FIERS de notre métier, Votons et faisons voter pour les listes JA+FDSEA .