Les EGAlim, où en sommes-nous ? (vidéo)

Retrouvez la vidéo de la FDSEA 56 : “Les EGAlim où en sommes-nous, avec la FDSEA du Morbihan” : LA VIDEO ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

Expression de Marie-Andrée LUHERNE – février 2021

Comme chaque année à la même époque, le sujet des négociations commerciales fait la une de nos préoccupations !

La juste rémunération des producteurs est et sera toujours notre préoccupation majeure. En effet, des producteurs qui vivent dignement de leurs métiers, qui en vivent et qui le vivent bien est l’objectif prioritaire de la l’action des responsables de la FDSEA.

La Loi EGAlim nous a laissé espérer que cela était possible, que comme pour tous produits, la main d’œuvre et donc le travail était intégré aux coûts de revient et donc au prix de vente. Cette loi existe depuis plus d’un an, et nous ne pouvons faire qu’un seul constat : elle n’est pas ou trop peu mise en œuvre avec des effets très « discrets » sur les prix de nos produits ! Voilà notre combat de ce début d’année.

Cette loi associe le « montée en gamme » de nos produits et les filières s’y sont mises, pour assurer aux consommateurs des produits toujours plus « qualitatifs ». Sur ce point, nous producteurs, avons fait notre part du contrat, mais maintenant nous attendons la contre-partie c’est à dire plus de prix !

En cette période de négociations commerciales, la mobilisation de notre réseau est nécessaire pour ramener un peu de transparence et de vérité, pour arrêter de trouver des coupables, car les responsabilités sont forcément partagées entre l’amont et l’aval, entre la transformation et la distribution ! Et les victimes sont elles toujours les mêmes, ce sont les agricultrice (teur)s !

A notre niveau, en département et à notre demande, une réunion s’est tenue, sur invitation du Préfet. Elle rassemblait les distributeurs, les transformateurs, les services de l’Etat et les parlementaires, ainsi bien sûr que la FDSEA et les JA. Cette rencontre, initiée là encore à notre demande en 2018, a permis dans un esprit constructif d’identifier les manquements et les défaillances de la loi EGAlim. Ont notamment été évoqués le fait que les MDD ne soient pas concernées, que les distributeurs appliquaient des pénalités logistiques importantes, pouvant être assimilées à des marges arrières, mais aussi le manque de transparence entre les différents acteurs sur les prix et pour beaucoup de filières, la non utilisation d’indicateurs de coût de revient pour établir les contrats…

Parallèlement à cette rencontre et afin de répondre à l’appel à mobilisation national de nos réseaux, la FDSEA et les JA ont organisé, via les équipes locales, des affichages le long des routes afin de dénoncer cette politique permanente des prix bas. Un grand merci aux équipes qui se sont mobilisées.

Au niveau national, dans le cadre de mon mandat à la FNPL, j’ai pu participer à plusieurs rencontres en présence de la distribution, des grossistes … J’ai aussi participé à l’audition de la FNPL par Serge Papin, qui a été mandaté par le gouvernement pour diriger la commission sur l’évaluation de la loi EGAlim. Ces différentes rencontres, m’ont permis d’avoir une approche globale sur le sujet, du local au national.

La FNPL a lancé à Paris, le 2 février, une action « micro-trottoir » pour aller demander aux consommateurs s’ils acceptaient une hausse des produits laitiers, hausse nécessaire pour s’assurer de trouver toujours demain des produits laitiers français dans les rayons des magasins et sur les marchés. Il semblait important d’interroger directement le consommateur, trop souvent « utilisé » comme alibi pour justifier la non revalorisation des prix. La FDSEA fera un retour sur cette démarche.

Le prix aux consommateurs n’est pourtant pas incompatible avec une bonne rémunération des producteurs. Il ressort qu’il est en effet important pour le consommateur de connaître l’origine de ce qu’il consomme, en mettant en avant les produits français ! Le consommateur est donc sensible à ces enjeux et les comprend. Il doit donc être prêt à payer les produits à leur juste valeur.

La souveraineté alimentaire est une expression qui a été largement utilisée tout au long de l’année 2020. Oui l’agriculture française a tenu, oui elle a été au rendez-vous, mais ce qui est vrai aujourd’hui n’est pas aussi sûr à l’avenir si rien ne change. Nous avons travaillé sans relâche pour nourrir nos concitoyens. Il est donc temps que les actes apportent des prix rémunérateurs. La loi EGAlim DOIT s’appliquer. Elle DOIT être au cœur des négociations commerciales qui se déroulent en ce moment. Il en va de l’avenir de l’agriculture et de NOTRE avenir et de celui du renouvellement des générations.

L’agriculture de demain s’écrit aujourd’hui et la FDSEA compte bien participer à cette écriture !