Faites nous confiance et laissez-nous faire notre métier déjà très règlementé!

Pour les responsables de la FDSEA du Morbihan, la coupe est pleine et la meilleure réponse aux attaques est, pour eux, la juste explication. Les agriculteurs en ont marre de se voir agressés par des personnes qui ne connaissent pas leur métier! C’était le thème d’un point presse organisé par la FDSEA.

Faites nous confiance et ne cédez pas aux messages de peur…

Depuis quelques mois et faisant suite à une émission télévisée, les analyses de glyphosate dans les urines fleurissent un peu partout sur les réseaux sociaux…Face aux attaques incessantes sur l’utilisation du Glyphosate, et en réaction aux nombreuses actions des pisseurs “involontaires” (#Glyphotest), les responsables de la FDSEA du Morbihan ont souhaité s’engager et devenir des “pisseurs VOLONTAIRES”.

Ils ont ainsi fait le choix de réaliser un test de recherche de glyphosate dans leurs urines.Sur proposition du CHU de Vannes, c’est le test par chromatographie qui a été proposé comme étant le plus fiable / test Elisa… Les analyses ont ainsi été réalisées par un laboratoire agréé pour effectuer ce type de méthode de recherche. Le profil des personnes ayant participé à la démarche est variable : retraités agricoles, éleveurs, cultivateurs utilisant plus ou moins le glyphosate et étant de fait exposés de façon variable à la matière active (voir tableau ci-dessous).

Tous les résultats sont négatifs. Le seuil de détection n’a été dépassé sur aucun échantillon

Détail du commentaire annoté aux résultats:

Mais pourquoi cette démarche? Peut-être d’abord pour se rassurer, convaincus que leurs usages du fameux Glyphosate sont raisonnés, raisonnables ne pouvant entraîner des contaminations récurrentes des populations, comme le laisse entendre les résultats des “pisseurs involontaires”. Mais aussi pour montrer que leurs pratiques déjà très encadrées sont sans conséquences sur leur intégrité physique!

Cette démarche ne vise pas à montrer que les produits phytosanitaires ne sont pas dangereux, mais au contraire à montrer que leurs usages, déjà très règlementés, ne peuvent avoir que de faibles impacts pour les populations et ainsi apporter quelques arguments face aux messages de peur infondés qui circulent. Les responsables présents au point presse ont aussi rappelé que ces produits (pouvant être dangereux s’ils sont mal utilisés) sont utilisés de façon professionnelles, en respectant des doses d’application, des moments d’application et des distances aux points d’eau. Pour autant, chacun vit au milieu de produits qui ne sont pas anodins, comme l’alcool, comme le tabac, mais aussi de nombreux médicaments… et qui ne sont pas interdits.

Certains répondrons à cela qu’il est facile de passer en Bio, mais pour tous il est aussi facile de se déplacer à pied ou à vélo, et pourtant les voitures ont encore le vent en poupe! Le Bio est possible, mais difficilement généralisable pour des raisons techniques mais aussi de marchés!

Les résultats obtenus, conforte les agriculteurs sur leur sentiment d’un lynchage infondé. Il est temps que les médias se saisissent du dossier de façon pragmatique…

Les agriculteurs ne peuvent pas être un marqueur politique!
Ce point presse a aussi été l’occasion d’un positionnement ferme sur les projets d’arrêtés “distances” annoncés par plusieurs maires… “à décision absurde nous répondrons par l’absurde” annonce Frank Guehennec, Président de la FDSEA 56.
La mise en place de distances comme celles annoncées par certains maires est inacceptable et aura des conséquences catastrophiques pour les agriculteurs morbihannais avec une perte d’environ 40% de surfaces exploitables en agriculture conventionnelle. Quant à les passer en Bio, tout simplement impossible pour 2 raisons: la maîtrise technique et les débouchés.
exemple d’application de 150m de distance des parcelles cadastrées sur Plescop:
et Mauron

“Si ces arrêtés aboutissent nous exigerons la réciprocité pour les nouvelles habitations, nous fermerons les chemins ruraux, nous émettrons des avis négatifs sur tous PLU et nous refuserons toutes les boues issues des stations d’épuration ! D’ores et déjà, les discussions autour de la charte agriculture et urbanisme sont stoppées.”
La rentrée syndicale est partie et il est temps de dire STOP!